Olivier Moulard
Le visage, non reflet narcissique mais valeur allusive, s’est imposé pour désigner l’être humain, pour présenter sa condition ultime.
Le visage est un signe hors contexte, et en tant que tel n’est pas la représentation d’un personnage fictif ou historique mais une présentation. Il est un entrebâillement de l’être. La relation-tension à cette présentation alimente une pensée qui s’augmente de son investigation en laissant penser ce qui se pense en elle, et découvre une humanité nue, sans complément ni attribut, qui ainsi recouvre son infinité silencieuse, sa liberté inconditionnelle.
Le face à face avec le visage engage à un regard qui fait abstraction de la forme, qui pénètre au-delà. Le visage est une voie, non un arrêt sur image ; il apparaît comme ce même et cet autre à la fois, et cette résonance du soi dans l’apparition continue de l’autre. Je peins cette apparition continue de l’autre, son avènement devant la conscience.
Expérience approchant ceci : le visage est à la fois visible et voyant. Ainsi, par extension et paradoxalement, je ne saurais pas vraiment dire où est le tableau que je peins, car je ne regarde pas comme on fixe un lieu ; mon regard, comme la méditation qui l’accompagne, est un éloignement en zone inconnue.
Par : olivier.moulard@club-internet.fr
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